Cheminées à bois à foyer ouvert : les interdictions se multiplient en France
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La cheminée à foyer ouvert n’est pas un équipement de chauffage performant, photo Frédéric Douard
Depuis le 1er janvier 2026, 174 communes du département de l’Isère ont interdit l’usage des cheminées à foyer ouvert. Ces communes rejoignent les 41 communes de la Vallée de l’Arve en Haute-Savoie ayant interdit l’utilisation des cheminées à foyer ouvert depuis le 1er janvier 2022 ou les 58 communes autour de Saint-Étienne Métropole depuis le 1er avril 2025. À compter du 1er avril 2026, l’utilisation des cheminées à foyer ouvert sera également interdite sur l’ensemble des 166 communes du Plan de protection de l’atmosphère de l’agglomération lyonnaise. À compter du 1er novembre 2026, il ne sera plus possible d’utiliser une cheminée à foyer ouvert dans toute la Métropole de Lille, soit sur 95 communes, qu’il s’agisse d’un chauffage principal ou d’appoint. Depuis 2015, à Paris et dans plus de 400 communes d’Ile-de-France, l’utilisation des cheminées à foyer ouvert n’est autorisée qu’en chauffage d’appoint ou d’agrément. Les foyers ouverts sont en effet des installations polluantes et ces décisions locales marquent une étape importante dans l’amélioration de la qualité de l’air de territoires sensibles de par leur géographie ou leur concentration d’usagers.
Les niveaux d’émissions sont liées aux technologies de chauffage et non au bois lui-même
Pour comprendre les enjeux de ces interdictions, il faut savoir que selon les dernières études, le chauffage au bois représente aujourd’hui environ 18 % des particules fines (PM 2,5) dans l’air que l’on respire (Source Ineris), et 90% de ces émissions proviennent d’appareils anciens ou peu performants (Source Citepa). Ces études montrent ainsi que le remplacement des foyers ouverts et vieux appareils permettrait de ramener la part du chauffage au bois à moins de 3 % des particules fines dans l’air. Par exemple : remplacer une cheminée ouverte par un poêle à granulé peut permettre de diviser les émissions de particules fines par 30, et jusque par 300 si elle est remplacée par une chaudière à granulés à condensation !
Le renouvellement du parc d’appareils anciens est un véritable levier environnemental et économique
En France, de 2000 à 2020, les remplacements d’appareils peu efficaces ont permis de baisser de 50 % les émissions liées au chauffage au bois (Source Citepa), alors même que le nombre de foyers chauffés au bois a augmenté de 25 % durant la même période. Et comme les appareils modernes sont plus efficaces, ils consomment aussi moins de combustible. Ainsi, la consommation de bois-énergie a diminué de 38 % sur la même période 2000 à 2020 (Source Ademe). Les 3 millions d’appareils installés avant 2005, dont 800 000 foyers ouverts, consomment jusqu’à 9 fois plus de bois qu’un appareil moderne, avec un impact direct sur le pouvoir d’achat des ménages !
Comment continuer à se chauffer au bois sans polluer ?
Les alternatives au chauffage polluant sont simples, il faut :
- remplacer les appareils de conception ancienne par des appareils modernes et performants, équivalents au label Flamme Vert 7 étoiles. L’investissement est rentable car ils consomment d’autant moins de bois qui sont performants ;
- utiliser des combustibles bien secs : moins de 23% pour le bois-bûche ;
- utiliser des combustibles propres et dépoussiérés, ce qui limite l’envolée de certaines particules : granulés certifiés, bûches compressées, bûches et plaquettes criblées ;
- et pour les appareils à bûches : allumer le feu par le haut pour un embrasement progressif et sans fumée, préférer les appareils à inertie ou à accumulation et ne pas surcharger le foyer pour éviter de mettre l’appareil trop vite au ralenti qui est une phase de combustion dégradée et donc plus polluante.
Frédéric Douard

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