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La sécurité dans le stockage de granulé de bois chez les particuliers

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Stockage de granulés de bois à la maison, photo Frédéric Douard

La question des risques liés au stockage de granulé de bois chez les particuliers est un sujet qui n’a publiquement été abordé en France que ce printemps 2026. Et pour cause : on n’avait jusqu’ici déploré aucun accident dans le pays malgré près de deux millions de ménages utilisateurs. Les deux questions qui ont par contre été largement développées sur le stockage des granulés de bois sont les conditions de stockage pour la conservation des granulés et les conditions de leur convoyage pour éviter les bourrages de poussière. De nombreux guides sont sortis sur le sujet.

Concernant les risques aux personnes, des rapports d’accidents existent depuis plus de 15 ans et font part de risques réels, et qui ont été mortels à plus de 10 reprises jusqu’à nos jours au niveau international, pour des personnes travaillant dans des enceintes de très grande capacités, sans évacuation des gaz en parties basses, comme c’est en particulier le cas dans les vraquiers qui transportent les granulés sur mers ou fleuves.

En 2025, un accident survenu en France chez un particulier, mais n’ayant pas entraîné la mort, a conduit l’ANSES, l’agence française de sécurité sanitaire, à rédiger une note de vigilance. Cette note rappelle pour commencer que le granulé de bois est formé de matière organique et qu’à certains moments et dans certaines conditions, une légère fermentation non visible peut s’y développer et produire entre autres gaz du monoxyde de carbone, un gaz invisible, inodore, insipide, et potentiellement mortel au-delà de 1 000 ppm. Sans aller jusqu’à la mort, le rapport rappelle qu’une exposition à plus de 800 ppm peut entraîner une détresse respiratoire, des convulsions et jusqu’au coma. Le rapport rappelle aussi que les granulés fraîchement produits ont tendance à fermenter durant plusieurs semaines après leur production et en particulier au regard de deux facteurs qui amplifient le phénomène : l’humidité ambiante et la température de stockage.

Alors, lorsque cette fermentation a lieu, il n’y a pas forcément péril en la demeure : pour preuve, depuis 50 ans que le granulé de biomasse est stocké en France, personne n’en est mort ! La dangerosité de la présence de CO est en fait liée à deux conditions. La première est le volume de stockage : ainsi dans les cas mortels observés dans des bateaux ou des silos industriels, les quantités étant industrielles, à savoir des centaines ou plutôt des milliers de tonnes. Concernant le cas observé en 2025 chez un particulier, le volume était pourtant faible, et en l’occurrence de 4 tonnes. Alors ce qui a rendu possible l’accident, c’est la deuxième condition : l’accumulation lente du gaz dans une enceinte fermée et non ventilée, et dans ce cas précis en communication avec l’habitation. Ce type de conditions se rencontre principalement dans des points bas comme des caves qui ne disposent pas de ventilation basse pour évacuer le CO qui est un gaz lourd.

Alors cela étant dit, existe-t-il des recommandations contre ce genre de risque ? La réponse est oui. Dans de nombreux guides, on peut lire qu’un stockage de combustible biomasse, et donc de granulé, doit être réalisé dans un endroit frais et ventilé (comme pour de nombreux produits alimentaires ou chimiques), de préférence avec une ouverture haute et une ouverture basse comme dans les chaufferies, mais pas dans le contenant même du combustible bien sûr, mais dans le local qui l’héberge. Mais comme jusque-là, aucun incident ne s’était fait connaître par sa gravité, la pertinence de ces recommandations n’est certainement pas apparue importante : à partir de maintenant elles sont vitales et chaque professionnel du granulé de bois doit mettre en garde ses clients. Et s’il est prescripteur ou concepteur, le professionnel doit veiller au respect des règles de stockage.

Pour en savoir plus :

Frédéric Douard




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